jeudi 14 février 2008

Offrez-vous des sacs poubelle !


A Livry-Gargan, de longue date, la municipalité a souhaité proposer aux partis politiques et organisations syndicales un nombre conséquent d'emplacements d'affichage libre. Cette quarantaine de panneaux (dont les derniers de l'ancienne génération en plaque béton sont en cours de remplacement par des triptyques neufs) permet à tous ceux qui le souhaitent d'être vus, sans se sentir obligés de détériorer les murs, armoires électriques et autres mobiliers urbains de la ville. Cette démarche environnementale a d'ailleurs été saluée cette année par le jury national des villes fleuries, que j'ai accueilli au nom de la municipalité en septembre dernier et qui se préoccupe tout autant de propreté, d'environnement et de développement durable, que du fleurissement proprement dit*.

En cette période de campagne électorale, ces panneaux sont régulièrement visités, de jour comme de nuit. Il sont là pour cela et grâce à eux, nous avons réussi à faire quasiment disparaître l'affiche sauvage, du moins politique. Tous les partis respectent cette règle du jeu. Pourtant, hier soir, une équipe de colleurs du MODEM, sans doute mue par l'enthousiasme des néophytes, ou pas encore au fait des règles respectées par tous les acteurs de la vie politique locale, a jugé bon de laisser par terre, au pied des panneaux, les affiches qu'ils avaient arrachées préalablement à l'installation des leurs. Je veux donc leur faire une demande et leur donner un conseil.

La demande, c'est de regarder autour d'eux pour trouver une corbeille publique. Très souvent il y en a une a proximité. Quand ce n'est pas le cas, ou quand les affiches arrachées sont trop volumineuses, se munir d'un sac poubelle et y mettre ce que l'on a enlevé du panneau est une bonne manière de respecter son environnement, ses concitoyens et le personnel communal chargé de la propreté des espaces publics.

Le conseil, c'est de se conformer à la demande qui précède. En effet, les électeurs ne sont pas idiots. Quand ils voient des affiches arrachées jonchant le sol et des affiches toutes propres collées sur un panneau, ils identifient immédiatement les auteurs de ce vilain comportement et il est rare que cela les incite à voter pour eux !

Certain de l'attachement des colleurs du MODEM à la qualité de l'environnement et de la propreté de notre ville... et à leur volonté de se faire connaître des Livryennes et des Livryens sous leur meilleur jour, je ne doute pas que le comportement de la nuit dernière ne se reproduira plus.


* Rappelons que Livry-Gargan a de nouveau été classée "4 fleurs", la plus haute distinction de ce concours national, consécutivement à la visite du jury du 4 septembre 2007.

mardi 12 février 2008

A propos de sécurité...


A chaque campagne électorale, les candidats de droite font de la sécurité un argument. A les entendre, ils seraient les garants d'une politique efficace dans ce domaine, quand les élus de gauche seraient sinon laxistes, du moins inopérants.

J'aurais maintes choses à dire sur le sujet, mais je m'en tiendrai aujourd'hui à un seul exemple : celui du futur commissariat de Livry-Gargan.

Depuis de nombreuses années, les élus de la majorité municipale à Livry-Gargan sont convaincus de la nécessité d'obtenir la construction par l'Etat d'un nouveau commissariat dans notre ville. Les locaux actuels (photo) sont en effet trop exigus. Ils offrent des conditions de travail qui ne sont pas idéales pour les fonctionnaires de police et un accueil, disons améliorable, pour les visiteurs (sans parler de l'état des cellules de garde à vue).

Une rénovation, au financement de laquelle la ville a contribué en 1999-2000, a déjà permis d'améliorer les choses. Alors député, Alain Calmat avait obtenu un concours particulier au titre de la réserve parlementaire pour la réalisation de ces travaux. Dans le même temps, il a obtenu du gouvernement socialiste de l'époque la décision de principe de construction d'un nouveau bâtiment. Cette décision a été actée dans le contrat local de sécurité signé le 20 décembre 2001 entre la commune et l'Etat.

Après le retour de la droite au gouvernement en mai 2002, le dossier a suivi son cours. La ville a donné à l'Etat pour l'euro symbolique un terrain de 1 700 m2 qui lui appartenait pour réaliser cette construction (l'ancien centre des impôts situé sur la RN3 à côté du bureau de poste "Sully-Nationale").

Lors de la séance du Conseil général du 14 octobre 2003, consacrée à la présentation par le préfet du rapport annuel d'activité des services de l'Etat dans le département, j'ai interrogé le représentant du gouvernement sur l'échéancier envisagé par l'Etat pour la réalisation de ce projet. Voici le texte de sa réponse, tel qu'il fut publié au compte rendu analytique des séances : "Je crois que l'affaire est bien partie. Nous avons le terrain, nous avons les études, le dossier a été présenté à la direction immobilière et à la direction financière de la police nationale. Je crois que nous pourrons bien progresser en 2004. Et pour donner un ordre de grandeur et je pense que nous nous y tiendrons, car nous sommes dans un programme régulier, cohérent, qui n'est pas démesuré, la livraison de l'ouvrage peut être envisagée pour la fin 2006, début 2007".

Nous sommes début 2008 et rien n'a commencé ! Le bâtiment de l'ancien centre des impôts, désormais propriété de l'Etat, se dégrade. Laissé à l'abandon, il constitue une véritable verrue en entrée de ville (alors que l'équipe municipale s'efforce de conserver à Livry-Gargan sa qualité urbanistique et environnementale). Et on nous promet maintenant l'achèvement des travaux pour 2010...

"Nous nous y tiendrons, car nous sommes dans un programme régulier, cohérent, qui n'est pas démesuré..." : on croirait entendre du Nicolas Sarkozy. On peut mesurer sur le terrain, à travers cet exemple mais il y en a tant d'autres, la crédibilité de telles promesses.

Pourtant, imperturbable, la droite continue de faire campagne en se présentant comme la championne de la sécurité !

lundi 11 février 2008

Rien ne sert de courir, il faut partir à point (La Fontaine)


Mercredi s'ouvrira la période de dépôt officiel des candidatures pour les élections cantonales. C'est dire si le scrutin du dimanche 9 mars approche. Je suis donc surpris de l'absence de campagne pour cette élection importante.


Pour ma part, je participe aux différents temps forts de notre vie locale, comme je l'ai toujours fait avant et après avoir été élu (voir la rubrique "photo" de mon site http://www.pascalpopelin.fr/). Je vais à la rencontre de mes concitoyens sur les marchés, mais il est vrai que je le fais de façon régulière depuis vingt ans, y compris, peut-être même surtout quand nous ne sommes pas en période électorale. Je continue de recevoir de nombreux Livryens dans ma permanence et de répondre aux courriers qu'ils m'adressent. Après avoir publié mon dernier bilan intermédiaire annuel de mandat en janvier (le 7e depuis ma réélection en 2001), j'affine les engagements que je présenterai prochainement pour le mandat 2008-2014. Mon site et ce blog rendent régulièrement compte de mon travail et de mes positions, en particulier sur les dossiers importants qui rythment la vie du Conseil général.


J'ai cependant le sentiment d'être bien seul pour animer le débat. A l'exception du candidat du Parti communiste français, qui a publié son projet, impossible de savoir à ce jour qui seront les autres participants à cette élection cantonale, dont le premier tour a tout de même lieu dans 27 jours... Alors bien sûr, je sais qu'il y en aura. Et je ne doute pas qu'ils trouveront des mots pour justifier leur candidature et critiquer ce qui a pu être fait jusqu'à aujourd'hui. Tout l'enjeu consistera alors, pour eux, à donner de la crédibilité à ces mots, qui ne pourront s'appuyer ni sur des actes (fussent-ils militants), ni sur le vécu de l'indispensable échange régulier avec les Livryennes et les Livryens.


Parce que j'aime la démocratie, je respecte mes concurrents et j'apprécie le temps de confrontation utile que constitue une campagne électorale, quand elle est menée dignement. J'en suis pour l'instant frustré, tout comme les Livryennes et les Livryens. Comment pourraient-ils d'ailleurs demain accorder leur confiance à des candidats qui donnent aujourd'hui si peu d'eux-mêmes pour se faire connaître, pour convaincre de leurs qualités personnelles, de leur connaissance des aspirations de la population et de la pertinence de leurs propositions ?


Je forme en tout cas le voeu que cette atonie n'éloigne pas mes concitoyens des urnes. Quand on connait l'importance des moyens et l'utilité des décisions qui se prennent chaque jour au Conseil général, il serait dommage de ne pas s'exprimer par le vote, afin d'être certain d'y être représenté par un élu motivé pour remplir sérieusement ce mandat au service de tous.

dimanche 3 février 2008

Enfin !


Il est toujours difficile de mener seul le débat démocratique. En ce sens, je me réjouis d'avoir croisé ce week-end, pour la première fois depuis sept ans sur les marchés de Livry-Gargan, des représentants de l'opposition municipale venant essayer de parler de notre ville. A cinq semaines du 1er tour des élections municipales, il était temps !

C'est donc avec intérêt et attention que j'ai pris connaissance de la tonalité et du contenu du tract distribué par le candidat qui aspire à remplacer notre maire. Neuf engagements, tenant sur un tiers de page : à n'en pas douter, il s'agit là d'un début encourageant !

Le candidat UMP promet ainsi "la sécurité en première priorité, pour un Livry plus sûr" : je me demande donc si c'est pour que Livry-Gargan soit plus sûre que Nicolas Sarkozy a supprimé définitivement le poste de commissaire dans notre commissariat il y a un peu plus de deux ans. En 2002, quand le gouvernement que je soutenais a cessé ses fonctions, il y avait 134 fonctionnaires de la police nationale dans notre commissariat. Après un peu plus de cinq années de Sarkozy (d'abord au ministère de l'Intérieur, puis à l'Elysée), il n'y en a plus que 104. Est-ce celà Livry plus sûr ? De son côté, à l'inverse, la majorité municipale a développé la police municipale (4 agents en 2001, 10 aujourd'hui, sans compter les ASVP), nous l'avons équipée, nous l'avons dotée de nouveaux locaux (en reprenant ceux de l'ancienne gendarmerie, désertés par la police de proximité démantelée en 2003... par qui déjà ?), nous mettons en place en ce moment la vidéoprotection à Livry-Gargan. Pour un Livry plus sûr, il y a donc d'un côté les promesses (jamais tenues) et de l'autre les actes (vérifiables).

Le candidat UMP promet "le respect du cadre de vie dans notre ville, qui protège ses pavillons et refuse le béton". Il accuse le maire d'avoir voté la loi SRU et de l'appliquer sans discernement. Ressortent ainsi les vieux arguments qui avaient pourtant fait long feu en 2001 : à l'époque, le candidat de l'UMP (c'était un autre), criait au loup en affirmant que nous allions construire 1100 logements en trois ans. Il prédisait des barres et des tours à Livry-Gargan ! Il promettait l'abrogation de la fameuse loi SRU. Sept ans plus tard, les quatre gouvernements de droite qui se sont succédé n'ont pas jugé nécessaire d'abroger la loi SRU (qui oblige les communes à se doter en 20 ans de 20% de logements sociaux, si elles ne les ont pas). Au contraire, à plusieurs reprises, les plus hautes autorités de l'Etat ont rappelé l'impérieuse nécessité de respecter les objectifs de cette loi. Le plus curieux, avec ce procès récurrent, c'est qu'il ne se fonde sur aucune réalité : pourquoi diable ferions-nous aujourd'hui à Livry-Gargan les bétises commises dans la quasi totalité des communes alentour au cours des cinquante dernières années, alors que nous ne les avons pas faites à l'époque ?! Pourquoi agiter encore le spectre du béton, alors que le plan local d'urbanisme voté en 2006 par l'actuelle majorité municipale conserve et renforce, autant que le permet la loi, toutes les dispositions limitant les hauteurs et la densité d'habitat, telles qu'elles étaient déjà définies dans le plan d'occupation des sols voté en 1979 ? Doit-on considérer que les 556 logements sociaux contruits au cours des dix dernières années ont été réalisés sans discernement ? Il suffit d'aller les voir, pour en juger. Les acquisitions foncières qui ont permis leur réalisation n'ont d'ailleurs jamais fait l'objet d'un vote "contre" des élus UMP au Conseil municipal depuis 2001. Doit-on enfin considérer que le millier de Livryens qui ont déposé en mairie un dossier de demande de logement n'ont d'autre prespective que d'aller se faire voir ailleurs ? Qui ne connait pas un de ces demandeurs, dans sa famille ou dans son entourage ?

Le candidat UMP promet "une équipe municipale qui ne soit pas inféodée au Parti socialiste et à ses luttes de clans et de courants". Si j'en juge par l'actualité récente de l'UMP à Livry-Gargan, c'est un peu l'hopital qui se moque de la charité ! J'invite chacun à lire les notes publiées régulièrement sur ce blog, qui ont décrit dans le détail et en toute transparence le processus de constitution de l'équipe que nous présentons pour cette élection municipale. La division et les luttes de clans ne sont pas chez nous ! Précisons aussi que notre tête de liste, Alain Calmat, n'est membre d'aucun parti politique. En matière d'"inféodation", on fait pire ! Quant à moi, je n'ai jamais considéré qu'être adhérent du PS m'avait transformé en aliéné et je crois m'être toujours comporté en élu de tous les Livryens.

Je ne m'attarderai pas sur le reste, qui n'est qu'un lot de formules creuses. Quelques mots toutefois sur la fin de ce laborieux et pourtant bien léger pensum : le candidat UMP promet "une liste municipale qui protégera l'identité de Livry-Gargan contre ceux qui veulent la faire ressembler au reste de la Seine-Saint-Denis (Bondy, Bobigny, etc.)". Mais de qui parle-t-il donc ? Je ne peux pas imaginer qu'il vise ceux qui ont contribué, depuis des années, à donner à notre ville son visage d'aujourd'hui. Alors à qui pense-t-il ? Sans doute nous le dira-t-il dans un prochain tract.

"Votre ville préfère regarder vers Le Raincy plutôt que vers Clichy-sous-Bois" attaque pour sa part d'entrée le député de la circonscription, véritable mentor du candidat UMP et dont la dialectique transpire tout au long de ce premier tract placé sous son "parrainage moral". Je voudrais lui répondre ceci : Livry-Gargan est une ville qui ne veut tourner le dos à personne, parce que tourner le dos, c'est refuser de regarder la réalité, c'est faire preuve d'irresponsabilité, c'est faire l'autruche. Je veux aussi lui dire que Livry-Gargan est une ville qui n'a pas pour ambition de ressembler à ses voisines : ni à Clichy-sous-Bois que les pouvoirs publics doivent aider à se sortir d'une situation difficile qui n'a pas été créée par le maire actuel mon ami Claude Dilain, mais au chevet de laquelle il se dévoue efficacement, en bon médecin qu'il est ; ni au Raincy, ville dépourvue de nombreux services publics qui existent à Livry-Gargan et auxquels les Livryens sont attachés, ville où la grande majorité des Livryens ne pourraient même pas espérer venir se loger, qu'ils soient locataires ou aspirants propriétaires.

Livry-Gargan ambitionne simplement de rester Livry-Gargan, une ville équilibrée, dans laquelle nous nous efforçons d'oeuvrer pour que sa population y conserve ou y trouve une vie de qualité. Et ça, ce n'est pas facile, ça ne s'improvise pas en quelques jours, en quelques phrases, à l'approche d'une élection.

mercredi 30 janvier 2008

A propos de valeurs...

Un internaute, qui m'a adressé plusieurs commentaires sur ce blog, regrette que je n'y dise rien de mes "valeurs". Je pensais effectivement que mon engagement dans la vie publique -somme toute assez linéaire depuis maintenant plus de 22 ans comparativement à d'autres parcours- ne rendait pas cet exercice indispensable à tout moment. Toutefois, dans notre société en perte de repères, j'avais sans doute tort. C'est donc avec plaisir que j'ai décidé de me livrer à ce -difficile- exercice.

Je me suis investi dans le militantisme et l'action politique, parce que je souhaite une société dans laquelle toute personne humaine doit pouvoir trouver sa place. Bien sûr, chacun d'entre-nous a sa part de bon et sa part de moins bon. Je ne crois ni en l'Homme parfait, ni en l'Homme totalement mauvais.

Pour moi, l'objet de toute société est de garantir la liberté (dont il n'y a pas à mes yeux de meilleure définitition que celle contenue dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789), l'égalité et la dignité des hommes et des femmes, le bien-être, la responsabilité et la solidarité.

Nous vivons dans un monde où l'évolution des sciences et des techniques ouvre de nouveaux espaces de liberté et de créativité, qui peuvent cependant aller jusqu'à détruire ou pervertir toute forme de vie. Je veux apporter ma petite pierre pour qu'au contraire, ces évolutions deviennent véritablement des progrès pouvant bénéficier à tous.

La faillite des systèmes collectivistes, qui ont longtemps représenté dans le monde une alternative au système capitaliste, laisse aujourd'hui l'économie de marché comme unique modèle de société existant. Personne n'en a à ce jour mis d'autre en application nulle part. Pour ce qui me concerne, je ne remets pas en cause l'économie de marché. Je considère néanmoins que son modèle théorique génère naturellement des inégalités, qu'il accentue les déséquilibres mondiaux, créé des exclusions. Il revient donc à la puissance publique et aux acteurs sociaux de mettre en oeuvre les moyens permettant de corriger ces effets pervers et de redonner au système, chaque fois que nécessaire, des objectifs conformes à l'intérêt général. En clair, l'homme n'est pas au service de l'économie. C'est l'économie qui n'existe que pour le servir.

Je pense par exemple que les salariés ne peuvent pas être simplement considérés comme un élément du processus de production, dont le niveau de salaire ou d'emploi doit simplement être adapté aux exigences du marché. Je pense que notre ambition ne peut pas être de nous aligner toujours vers le plus "compétitif" en terme de coût de main d'oeuvre et de droits sociaux. Au contraire, je souhaite que les économies développées agissent pour amener les économies émergentes vers le progrès social. Concrètement, je préfère pour l'avenir que les enfants de Chine, d'Inde ou d'Afrique aient des salaires décents et bénéficient d'une protection sociale, plutôt que mes enfants ne soient contraints demain de travailler dans les conditions imposées aujourd'hui dans ces pays. Et tant pis si nous payons nos chaussures de jogging et nos écrans plats un peu plus cher...

Je pense aussi que l'avenir de notre planète ne peut être laissé entre les seules mains du marché. On connait aujourd'hui les dégâts générés sur la terre par cent cinquante années d'économie industrielle. Nous savons que désormais, c'est à l'échèle d'une vie d'homme et non pas dans un avenir lointain, que nous connaîtrons des problèmes si nous ne modifions pas très vite nos comportements. Je ne crois pas que la seule "main invisible" du marché permette de relever ces défis. Il faut des élus locaux qui agissent, des gouvernements qui fixent des règles, des instances internationales qui décident.

Je pense au logement, à la santé, à la vieillesse et plus généralement à la vie tout court : dans une économie de marché non régulée, on se loge, on se soigne, on se fait aider quand on est dépendant, que si l'on peut acheter un service, au "prix du marché". Alors que fait on de ceux qui n'en ont pas les moyens ? Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'on doit demander sa carte bleue à quelqu'un avant de savoir si on va le soigner ou pas ! Mon modèle n'est pas une société où ceux qui ne trouvent pas à se loger dorment dans la rue ou dans des cabanes à la périphérie des villes.

Je ne suis pourtant pas un adepte de l'assistanat, de l'encouragement à l'oisiveté, selon la caricature souvent faite des femmes et des hommes de gauche. Le laxisme ne fait pas partie de ma culture, ni en matière sociale, ni pour ce qui concerne la délinquance. Je pense que notre société doit en revanche utiliser tous les moyens à sa disposition éviter l'exclusion. Cela commence à l'école, mais cela passe aussi par la formation tout au long de la vie. Cela concerne la réhabilitation de la notion de citoyenneté, y compris au moyen des vecteurs de communication que sont la télévision et de plus en plus aussi l'internet. Cela continue par tous les dispositifs que peuvent mettre en place les pouvoirs publics (Etat et collectivités locales) pour ne pas abandonner ceux qui n'ont pas réussi, ou pas assez réussi par leur propres moyens, à disposer du minimum pour vivre de façon décente. Non pour les maintenir dans un état de dépendance, mais pour donner le temps nécessaire à une réinsertion sociale.

Je crois à la démocratie, au pluralisme, au suffrage universel (parce qu'on n'a pas trouvé meilleur système). Je suis attaché à la liberté de conscience, à la laïcité de l'Etat (et en particulier de l'école publique). J'estime que l'accès à l'information et à la culture est une condition essentielle de la démocratie. C'est pourquoi l'indépendance de la création et de la communication à l'égard du pouvoir politique et du pouvoir financier m'apparaît indispensable (même si nous en sommes loin !). Je me bats pour l'égalité et à ce titre, je récuse toute mesure discriminatoire fondée sur le sexe, l'origine, les convictions philosophiques ou religieuses, les choix de vie personnels. Voltaire écrivit :"je suis en désaccord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour que vous puissez le dire". Peut-être suis-je plus modéré. En tout cas, je fixe une limite à ce beau principe : le respect par celui avec lequel je suis en désaccord des mêmes règles que moi. Sinon c'est toujours celui qui est tolérant qui perd !

J'ai pour objectif de faire en sorte que tous ceux qui résident sur notre sol puissent y vivre librement et adhérent aux valeurs de la République. Cela représente un effort pour nous, mais aussi pour eux... Je ne souhaite pas que la France s'ouvre davantage à l'immigration (même si c'est une "immigration choisie" telle que la préconise Nicolas Sarkozy), mais j'ai conscience qu'aucun pays ne peut ériger des murs pour empêcher les hommes de circuler librement, surtout dans notre monde moderne. Pour moi, la solution à ce problème réside donc dans le développement de la démocratie et du niveau de vie des pays que certains sont aujourd'hui contraints de quitter pour survivre (ce qui nous renvoie à ce que je disais au début de cet article). C'est un sujet qui concerne naturellement la France, mais au-delà, tous les pays riches.

Je crois enfin à l'avenir de l'Europe, mais je ne veux pas qu'elle demeure un simple espace d'échanges économiques. Je veux une Europe politique et sociale, qui contribue à la mise en oeuvre de ce qui précède. Estimant que le traité constitutionnel européen soumis à référendum en mai 2005 n'allait pas dans ce sens, j'ai donc voté "non" et le referais aujourd'hui, si on me reposait la question.

Voilà tout le bric à brac qui me sert de points de repères, dans ma vie d'homme, de père, de citoyen et d'élu. Chaque jour, je m'efforce d'être cohérent avec ces références dans l'exercice de mes mandats :

- je suis rigoureux et économe dans l'emploi des deniers publics en tant qu'adjoint au maire de Livry-Gargan chargé des finances, parce que je crois à l'action publique, mais que je sais que la ressource fiscale n'est pas extensible à l'infini,

- toujours en tant qu'adjoint au maire, j'agis pour le développement économique de ma commune parce que c'est une source d'emploi et de richesse, mais je m'attache à intégrer ces activités dans la qualité de notre tissu urbain et à veiller qu'elles ne nuisent pas à notre environnement,

- en tant qu'élu municipal, je soutiens la construction de logements accessibles à tous dans ma ville, je défends le principe des quotients familiaux pour les tarifs des services publics municipaux, je fais de l'école une priorité budgétaire, j'optimise sans cesse notre régie directe qui me semble être le mode de gestion le meilleur quand il est bien managé,

- en tant que conseiller général, je veille à ce que les politiques sociales du département, dans lesquelles je suis très impliqué, rendent les services pour lesquels elles ont été décidées. Je suis très attentif à ce qu'elles profitent le moins indûment possible à ceux (il y a en malheureusement, même s'il n'y en a pas tant qu'on le dit) à qui elles ne sont pas destinées,

- en tant que responsable de divers organismes agissant dans le domaine de l'eau, je travaille à la préservation de cette ressource essentielle à la vie, dont la production a aujourd'hui malheureusement un coût, mais qui doit rester disponible pour tous.

J'aurais encore beaucoup d'exemples à donner... Bref, je fais de mon mieux, avec les moyens dont je dispose, pour être en harmonie avec ce que je crois et pour faire partager ces convictions au plus grand nombre.

Cantonales : l'autre élection !



Si l'on s'en tient aux commentaires médiatiques, on pourrait presque croire que seules des élections municipales sont prévues le 9 et le 16 mars prochains.

Bien sûr, l'élection des Conseils municipaux (et non des maires, puisque ceux-ci sont élus durant la semaine qui suit par les membres du nouveau Conseil municipal) est un scrutin très important. La mairie est la collectivité de proximité par excellence. Tous les indicateurs attestent que les citoyens sont attachés au choix de leur maire, en particulier parce qu'ils perçoivent bien sa place dans notre système institutionnel français. Adjoint au maire de Livry-Gargan depuis 1995, j'aime ce mandat qui effectivement place l'élu en contact direct avec la réalité, en lien personnel avec ses concitoyens.

Pour autant, je veux insister ici sur l'importance de "l'autre élection" qui se déroulera à Livry-Gargan le 9 et le 16 mars : l'élection cantonale. Non pas simplement parce que j'y suis candidat pour le renouvellement de mon mandat de conseiller général, mais surtout parce que beaucoup de choses concernant notre vie quotidienne et notre ville s'y décident chaque jour. Sans le Conseil général, beaucoup des projets qui voient le jour à Livry-Gargan ne pourraient exister.

Deux chiffres permettent, je crois, de mesurer l'importance de l'élection cantonale. Une ville comme Livry-Gargan (41 000 habitants) dispose d'un budget annuel d'environ 70 millions d'euros. Le Conseil général de la Seine-Saint-Denis dispose quant à lui d'un budget annuel de plus de 1 750 millions. Il est donc essentiel que le conseiller général chargé de représenter notre canton (qui épouse exactement les limites territoriales de notre ville) soit impliqué et efficace dans l'activité de l'Assemblée départementale, pour que les Livryennes et les Livryens, mais aussi la commune de Livry-Gargan, bénéficient dans les meilleures conditions possibles des décisions du Conseil général.

La dernière séance publique de l'Assemblée départementale, qui s'est tenue hier à l'Hôtel du département à Bobigny (sur la photo prise à la tribune, on reconnait à ma gauche le Premier vice-président PS Gilbert Roger et le président du Conseil général PCF Hervé Bramy), est assez représentative des questions traitées par le Conseil général.

Deuxième vice-président en charge des populations âgées, des personnes handicapées et de l'insertion, j'ai tout d'abord présenté à l'Assemblée le deuxième schéma départemental en faveur des populations âgées. Ce document, fruit de plus d'une année de travail et de concertation avec les partenaires concernés, fixe le cadre et les objectifs de la politique du Conseil général en direction de nos anciens pour la période 2008-2012. Il a été adopté à l'unanimité, tout comme les trois mesures nouvelles que j'ai proposées (sur lesquelles je ne reviens pas, en ayant déjà parlé depuis quelques mois sur ce blog). J'ai ensuite proposé la mise en oeuvre effective de l'expérimentation du Revenu de solidarité active à compter du mois de mars prochain. A mon initiative, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis avait décidé en octobre dernier de répondre à l'appel à projets lancé par le gouvernement pour la mise en oeuvre expérimentale de cette prestation, destinée à aider les allocataires du RMI à retrouver un emploi. Fin décembre, le gouvernement a validé notre candidature, dans les termes où nous l'avions posée. A l'unanimité hier, nous avons donc arrêté les modalités de notre engagement dans ce dispositif. J'ai veillé dès le départ à ce que Livry-Gargan soit une des 6 communes retenues dans le territoire de cette expérimentation, puisque le gouvernement nous demandait malheureusement de faire un choix parmi les 40 que compte la Seine-Saint-Denis.

Au-delà des dossiers concernant ma délégation de vice-président du Conseil général, l'Assemblée départementale a débattu hier du bilan d'étape des politiques engagées par le Département en faveur de l'emploi et du développement économique. Certes, contrairement aux dossiers sociaux, il ne s'agit pas là d'une compétence première des Conseils généraux. Les lois de décentralisation font du Conseil régional d'Ile-de-France le "chef de file" dans ce domaine. Pour autant, les conseillers généraux ne peuvent se désintéresser d'une question majeure pour un territoire comme la Seine-Saint-Denis. C'est dans ce cadre que j'ai obtenu depuis 2 ans la décision de conclure des conventions d'objectifs et de financement entre le Conseil général et les 14 missions locales intercommunales pour l'emploi des jeunes existantes (dont naturellement la mission locale de la Dhuys, qui couvre le territoire de Livry-Gargan et des 5 autres communes de la 12e circonscription). Nous avons évoqué la participation de la Seine-Saint-Denis au programme "emplois-tremplin" lancé par le Conseil régional, ainsi que l'avenir des outils d'aménagement économique dont s'est doté le Département depuis maintenant près de 30 ans (sociétés d'économie mixte, future Agence départementale de dévoloppement, etc.)

Au cours de cette longue séance, nous a aussi été présenté un bilan d'étape de l'action du Conseil général en faveur de la petite enfance. Un point a notamment été fait sur les places nouvelles créées en Seine-Saint-Denis au cours des dernières années, sur la diversification de l'offre du point de vue des modes d'accueil, ainsi que sur l'augmentation de l'aide aux communes pour l'investissement et le fonctionnement des crèches. Les choses évoluent dans le bon sens, mais à mes yeux pas assez vite. En effet, depuis 40 ans, les citoyens de la Seine-Saint-Denis ne sont pas placés sur un pied d'égalité dans ce domaine, selon qu'ils habitent une commune de l'ex département de la Seine (où une majorité de gauche avait créé des crèches départementales) ou, comme nous à Livry-Gargan, l'ex département de la Seine-et-Oise (dont la majorité de droite n'avait rien fait dans ce domaine). Le poids de l'histoire est tenace ! Bien sûr, depuis une dizaine d'année, j'ai fait partie de ceux qui ont agi pour obtenir des correctifs et nous en avons obtenu. Il n'en demeure pas moins vrai que les villes ne sont pas dans la même situation, selon qu'elles disposent sur leur territoire de crèches départementales et municipales, ou bien simplement de crèches municipales (même un peu aidées financièrement par le Conseil général). Je suis donc favorable, dans les années à venir, à une municipalisation de toutes les crèches départementales et à l'instauration d'un financement départemental équitable en faveur de toutes les structures d'accueil de la petite enfance de la Seine-Saint-Denis. Je l'ai rappelé lors de la réunion de la commission des affaires sociales du Conseil général qui a précédé la séance d'hier. Une telle évolution permettrait d'accroître l'offre d'accueil à Livry-Gargan dans des conditions financières tenables pour notre commune.

Nous avons enfin débattu de l'avis à émettre sur le plan de déplacement de la ville de Paris. Notre Assemblée départementale n'est saisie qu'à titre consultatif sur ce type de dossier (comme pour le schéma départemental d'élimination des déchets ménagers, les plans de prévention des risques et des innondations, le schéma directeur de la région Ile-de-France, le schéma d'accueil des gens du voyage, etc.). C'est néanmoins l'occasion de formuler des remarques à l'intention des autres décideurs (Etat, Conseil régional d'Ile-de-France, ville de Paris). S'agissant du dossier examiné hier, nous avons ainsi porté attention à l'évolution des accès routiers dans Paris, à partir de la Seine-Saint-Denis.

La séance d'hier aurait été complètement représentative du rôle du Conseil général et du travail de l'Assemblée départementale si il y avait été question des collèges (dont la construction, l'entretien et le financement du fonctionnement incombent au Département). Je précise toutefois que ces dossiers ont été au coeur de mon action locale durant ces dernières semaines, avec les discussions pour l'élaboration de la nouvelle sectorisation rendue nécessaire par l'ouverture du 3e collège de Livry-Gargan à la rentrée de septembre prochain. Après de nombreuses discussions avec les services du Conseil général, l'Inspection académique, les principaux des deux collèges actuels, les directeurs des écoles de la ville, les enseignants et les parents d'élèves, nous sommes arrivés à une proposition validée à l'unanimité lors d'une réunion qui a rassemblé tous ces acteurs le 17 janvier dernier. Ainsi, à partir de la prochaine rentrée scolaire, les élèves issus des groupes scolaires Danton et Jaurès iront au collège Edouard-Herriot. Les élèves issus des groupes scolaires Bayard, Benoît-Malon et Bellevue Victor-Hugo iront au collège Léon-Jouhaux. Quant au 3e collège, il accueillera les élèves des groupes scolaires Jacob, ainsi qu'une cinquantaine d'élèves du quartier des Trèfles à Sevran (limitrophe de Livry-Gargan).

Voilà donc quelques exemples des questions qui relèvent des compétences du Conseil général. Ils illustrent l'importance qu'il y a à s'intéresser de près à cette "autre élection", l'élection cantonale, qui aura lieu le même jour que l'élection municipale.

samedi 26 janvier 2008

Sans commentaire

Lu dans l'édition Seine-Saint-Denis du journal "Le Parisien" daté du 26 janvier 2008 :

Les élus de droite ne soutiennent pas le candidat UMP

Aucun des cinq conseillers municipaux d'opposition de Livry-Gargan ne partira derrière Pierre Perret, la tête de liste désignée pour conduire la liste UMP. "Nous ne nous reconnaissons pas dans cette candidature officielle, donc nous ne participerons pas ni ne soutiendrons cette liste" explique Gérard Prudhomme, chef de file (DVD) du groupe. Militant UMP habitant Livry, Pierre Perret est agent territorial dans la commune du Raincy et n'est pas élu sortant. Les cinq conseillers de droite "se laissent la liberté de réfléchir au rôle qu'ils pourraient avoir dans la campagne". Ils pourraient constituer leur propre liste, mais rien n'est encore décidé.